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Notre Dame de Cornemps

Sur la commune de Petit-Palais-et-Cornemps, à deux kilomètres de l’église Saint-Pierre de Petit-Palais, l’église de Cornemps se dresse au sommet d’un des nombreux plateaux du Lussacais. Elle est entourée d’un petit hameau et de son cimetière accrochés aux faibles pentes du tertre, sur lequel se dresse l’édifice. Le toponyme du lieu-dit accueillant l’église de Cornemps «l’Ancienne Abbaye» garde le souvenir de la présence d’une ancienne abbaye. Guinodié, historien du Libounais, précise que ces religieux vécurent dans ce lieu avant les guerres de Religion. L’église est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 21 novembre 1925.

En partie ruinée lors des Guerres de Religions, son plan est simple. Eglise à nef unique, dont il ne subsiste que le mur nord, l’édifice est bâti en moellons de calcaire assez irréguliers. La nef est fermée par une abside à pans précédée d’une courte travée droite. Des contreforts plats appareillés la soutiennent. Le contrefort d’axe, quant à lui, est percé d’une baie. Une corniche alternant modillons sculptés et pierres percées couronne le chevet. L’abside et le faux transept ont été séparés de la partie ouest de l’église par un mur de blocage et rendus au culte. La façade ouest, en pierre de taille, est relativement bien conservée dans sa hauteur. Son portail en plein cintre est abrité sous un avant-corps en faible saillie. Le fronton triangulaire qui le couronne est percé d’une baie cruciforme. Deux arcs très élancés encadrent l’entrée et abritent en leur sommet deux modillons sculptés. A l’intérieur, l’abside en hémicycle est scandée par une arcature à sept pans.

Nous ne possédons que peu d’informations historiques. Notre-Dame de Cornemps est citée dans la liste de 1398 des paroisses du diocèse. L’église aurait été assiégée et en partie renversée par les troupes du vicomte de Turenne en 1587. Une pièce d’archive nous apprend qu’en 1622, la nef est «rompue et découverte» et l’église sans service divin. A cette époque, Cornemps est d’ailleurs annexée par la paroisse de Camps. Le procès verbal établi en 1687 lors des visites de l’archiprêtré d’Entre-Dordogne par l’archevêque de Bordeaux précise que le chœur est voûté, que la nef n’est ni voûtée, ni lambrissée, ni carrelée. Ainsi, le chevet et le faux transept ont déjà dû être fermés à cette époque afin que l’église soit de nouveau vouée au culte. Elle semble totalement désertée à la suite de la Révolution Française, et les Archives départementale de la Gironde font nullement état de restaurations sur l’édifice de Cornemps, contrairement à l’église de Petit-Palais, située dans la même commune.

Cette église est datée le plus souvent du XIème siècle de part l’utilisation conjoint de la pierre de taille de du moellon, qui dans la nef est disposé en arête de poisson. N’ayant subi que peut d’interventions ultérieures, elle est un parfait exemple de ces édifices mixtes du XIème siècle, mettant l’accent sur ses parties les plus nobles (chevet et portail), sans toutefois négliger le reste de l’édifice. De part son décor elle subit encore des influences antiquisantes (métopes et triglyphes, palmettes). Le percement d’une fenêtre dans un contrefort est une marque d’«archaïsité». Il y de nombreux exemples dans le sud-ouest et cela répondait à un besoin technique, lorsque seuls les contreforts étaient appareillés dans un édifice en moellon. Bien que son élévation ne soit plus tout à fait identifiable à cause des dommages irréparables qu’elle a subi lors des Guerres de Religions, elle se pose grâce à cela comme un des jalons de l’histoire de cette région.

Saint Pierre de Petit-Palais
Petit-Palais-et-Cornemps
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